Émigré français au service de l’armée prussienne (1793-1804)

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Brevet de lieutenant en second (1795) et permission de quitter le service avec le grade de capitaine (1804) délivrés à Louis François du Faguet de Montbert. Émigré français et officier prussien , il est soupçonné d’espionnage à son retour en France. Le second document est signé du roi de Prusse Friedrich Wilhelm III (1770-1840).

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Description

Sur l’ensemble de la période 1789-1806 plus de 5500 émigrés français s’établissent en territoire prussien (Thomas HÖPEL – 2001). Ancien officier de l’infanterie française, Louis François du Faguet de Montbert, comme de nombreux militaires français, intègre l’armée prussienne. Mais à la différence de la majorité de ses coreligionnaires, cet émigré français au service de l’armée prussienne reste en service après l’amnistie de 1802.

Louis François du Faguet de Montbert (1770-?)

Né au Havre, le 20 octobre 1770, il est le fils de Robert-François, sieur de Montbert, major des ville et citadelle du Havre. Tout comme son père, il embrasse jeune la carrière militaire. A la veille de la Révolution, il est sous-lieutenant du Régiment d’Enghien. Émigré, en 1792 ou 1793, il part pour la Prusse. Là il s’engage en aout 1793 dans le 4e bataillon de fusiliers en qualité de sous-lieutenant . Il sert sous les ordres du chef de bataillon, et futur général, Karl August von Greiffenberg (1738-1807). Le 14 novembre 1795, il est promu lieutenant en second au sein de la brigade des fusiliers de Varsovie. C’est à ce grade qu’il intègre le 1er octobre 1797, le 24e bataillon de fusiliers (Füsilier-Bataillon Nr. 24) sous le commandement du général Graf Bülow von Dennewitz. En février 1804, il quitte l’armée prussienne avec le grade de capitaine et la permission du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III (1770-1840) de pouvoir continuer à porter son uniforme. De retour en France, il est amnistié en l’An XIV.

Du Faguet de Montbert : espion au service secret de sa majesté Friedrich Wilhelm III (1770-1840) ?

Certains éléments invitent à le penser. Plusieurs documents dont des passeports, nous apprennent que cet émigré français au service de l’armée prussienne effectue au moins trois séjours en France entre juillet 1800 et 1803. La paix signé entre la France et la Prusse par le traité de Bâle de 1795 lui permettant. En outre, il entretient une relation privilégié avec le ministre et diplomate prussien Girolamo marquis de Lucchesini (1751-1825). Ce dernier ambassadeur de Prusse à Paris conjugue dans sa mission la diplomatie et le renseignement. Il adresse à du Faguet de Montbert, notamment en septembre 1804, une lettre d’éloges et de satisfaction suite à son départ de l’armée prussienne. Mais c’est surtout un rapport de la préfecture de police du 21 février 1805 (3 ventôse An XIII) qui invite à cette hypothèse. En effet, il est écrit dans ce rapport « L’ambassadeur de Prusse a ici , au nombre de ses espions , un sieur de Montbert , ci – devant au service de Prusse , et à Paris depuis sept ou huit mois . Il demeure rue de Cléry , no 59 , et fréquente les principales maisons où l’on s’occupe de politique« .

Les documents

Brevet (patent) de second lieutenant de la brigade de fusiliers de Varsovie (Warschauer Füsilier brigade). Document in-folio délivré à Berlin le 14 novembre 1795. Document non signé mais cachet de cire rouge sous papier du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III (1770-1840). Document avec plis dans les sens de la longueur et de la largeur. Petits trous aux croisements de ces plis. Lignes manuscrites sur la quatrième page (?)

« Dimission » ou permission de quitter le service avec le grade de capitaine et le droit de continuer à porter l’uniforme de l’armée prussienne. Document in-folio délivré à Berlin le 21 février 1804. Document avec uniquement la trace du cachet de cire rouge sous papier et signature du roi de Prusse Friedrich Wilhelm III (1770-1840). Document avec plis dans les sens de la longueur et de la largeur. Petits trous aux croisements de ces plis.

Informations complémentaires

Poids 0.3 kg

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